24 - (5)
Mercredi 30 avril - 22h00
Je regarde ma montre, 22h00 précises. Je sors de l’appartement, plonge ma main dans ma poche et en sors le trousseau de clés. Je m’apprête à fermer la porte de chez moi. C’est à se demander si ça en vaut la peine maintenant, je suis à découvert du monde, à quoi cela servirait, ma vie privée a été violée… Je décide quand même d’enclencher le verrou, même si les autres veulent me voler ma vie, qu’il me reste au moins la dignité de contester.
Je descend les nombreuses marches, traverse le hall, et m’arrête sur le seuil de l’immeuble, armé de ma carte de la ville.
Autant en finir rapidement, pas de temps à perdre…
Je vais me placer à la lueur orange du lampadaire le plus proche, et déplie le plan.
Des points rouges sont marqués pour indiquer l’emplacement des balises, avec des numéros à leur côté. Je localise à présent mon emplacement. La plus proche est la numéro 2, cela se trouve au niveau de la grande Avenue des Peintres. C’est lorsque je suis sur le point de partir que mon compagnon de route m’interrompt.
- Je ne vous ai peut-être pas dit, mais les balises doivent être désactivée dans l’ordre numéroté, indiqué sur le plan.
- Mais c’est ridicule, la deuxième balise est plus proche d’ici !
- Ce sont les règles Baptiste, et vous savez qu’il faut s’y plier.
- Ah, vous m’emmerdez…
- Je vous en prie, nous devons agir en coopération.
- Pfff…
Je regarde donc le point rouge accompagné du chiffre 1.
- Mais c’est à l’autre bout de la ville !
- En effet, une ballade nocturne dans les rues de cette ville, c’est vraiment…
Je met mon oreillette sur off, et la dépose dans ma poche, marre d’entendre ce con.
Alors, le mieux à faire est de prendre le grand boulevard Lautrec et de le longer jusqu’au pont des Eaux-Neuves qui surplombe le fleuve Karon, et là-bas, il ne me restera plus beaucoup de chemin à parcourir. Si je presse le pas, j’y serai d’ici une heure et demi ; et Dieu sait ce qu’y m’attend là-bas, il faut je parte tout de suite.
J’avance sur le trottoir, et me lance dans le maillage de ruelles qui mènent vers Lautrec.
Je suis comme une mouche prisonnière d’une toile d’araignée, je navigue de trottoir en trottoir, mais où que j’aille je reste quand même dans cet édifice si bien ficelé.
par SOSA
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24
24 - (4)
Mercredi 30 avril - 21h28
- A présent Baptiste, enchaîne Jin’C devenu tout à coup très sérieux, je vais vous demander d’aller jusqu’à votre boîte aux lettres, et de prendre ce qui se trouve à l’intérieur. Je vous attends.
Et moi je m’inquiète fortement. Qu’est-ce que tout ça signifie, c’est insensé ! Pourquoi moi ? De toute façon, il n’y a rien dans la boîte aux lettres, j’ai récupéré le courrier tout à l’heure, il n’y avait rien d’autre… Pourquoi je doute, j’en suis sûr ! Je n’aime pas du tout la tournure que ça prend.
- Chers amis téléspectateurs, pour vous faire patienter, nous envoyons une page de pub. On se retrouve tout de suite après, en compagnie de Baptiste, dans la nouvelle émission de télé-réalité, 24 !
Ouais c’est ça, barre-toi…
Et puis, je n’ai qu’à aller vérifier, je verrai qu’il n’y a rien, et j’aurai rien à me reprocher.
Je me lève, prends mon trousseau de clés et marche d’un pas décidé vers la porte. Je descends les escaliers, et me voilà dans le hall d’entrée. A 21h30, dans le hall, en peignoir, on aura tout vu… Je fais fuir ces pensées de mon esprit et m’approche des boîtes métalliques fixées au mur. Je dégage la bonne clé du trousseau et la dirige vers l’ouverture nommée 312. J’insère la tige dentelée dans la fente, et tourne le poignet. J’écarte la fine plaque de fer, et là… rien.
Je ne vois rien, pas étonnant, à une heure pareille, c’est pas le soleil qui va m’éclairer. Je plonge ma main dans le compartiment noir, et ratisse l’intérieur avec mes doigts. Je ramène deux objets, assez petits pour tenir dans ma paume, que je ne parviens pas à identifier.
Finalement, il y avait quelque chose… Ils m’épient ou quoi ? C’est dingue cette histoire !
Automatiquement, Baptiste regarde par la porte vitrée de l’entrée si quelqu’un ne serait pas en train de l’espionner de l‘autre côté. Puis, d’un pas élancé, il regagne les marches et remonte jusqu’à son appartement.
Mercredi 30 avril - 21h35
- Baptiste ? Baptiste, êtes-vous là ? interroge l’animateur de 24.
Je referme la porte derrière moi, et me dirige devant la télévision. J’examine alors les objets récoltés.
L’un est cylindrique, sur une extrémité, il y a comme un connecteur, une prise, et de l’autre, un bouton… Le second objet est une sorte d‘oreillette.
- Baptiste, si vous m’entendez, prenez l’oreillette que vous avez récupéré, et équipez-vous en, afin d’être relié en direct avec le plateau.
Je met l’oreillette, et exprime ma joie d’avoir été élu à ce jeu.
- Écoutez-moi monsieur Jin’C, dis-je d‘un ton du plus méprisable, de quel droit vous permettez-vous de fouiller dans ma vie privée ?! Vous n’avez plus de limites à la télé ?! Vous vous croyez permis de tout ?! Sachez que qu’à votre jeu, je n’y participerai pas, trouvez quelqu’un d’autre !
- Calmez-vous Baptiste, je vous en pris, rigole Jin’C. Vous ne pouvez plus faire marche arrière, vous avez pris les objets, et je vous conseille de suivre attentivement mes instructions.
- Mais vous me prenez pour un jouet ou quoi ?
Je commençais à entrer dans une colère noire.
- Baptiste, ne vous énervez pas comme ça, ça ne vous rend pas du tout photogénique, s’amuse-t-il.
Interloqué, je me jette devant mon écran, pour voir un homme accroupi devant son poste de télévision. Puis, grâce à la magie de la technologie, je peux voir la scène en multi-angle, de la cuisine, de la fenêtre, du plafond…
Je suis désemparé, je n’ai pas d’issues, je suis prisonnier.
- Vous êtes des monstres, vous n’avez aucun sens moral, vous êtes affreux…
- Ne vous plaignez pas Baptiste… Tout jeu est porteur d’une récompense. Si vous remportez 24, Baptiste, vous pourrez remporter jusqu’à 1 million d’euros ! S’extasie le présentateur.
Un « Oh! » enthousiaste circule dans les gradins, et des regards excités s’échangent.
- Arrêtez ça, gardez votre argent, rendez-moi ma vie…
- Je crains que cela ne soit possible… La partie a déjà commencé. Levez-vous.
Je me redresse, et constate avec stupeur que deux points rouges se déplacent sur moi. Je me jette derrière le canapé, pour me protéger de la fenêtre.
- Vous êtes des malades, des cinglés… sanglote-je.
- Voici les règles de 24 cher Baptiste et amis téléspectateurs ! A compter de 22 heures précises, et pendant une journée entière, votre mission sera de survivre.
Des rumeurs se font entendre dans le public, et des gouttes de sueurs perlent sur mon front.
- Mais ce n’est pas aussi simple, évidemment… Vous voyez le deuxième objet que vous avez récupéré Baptiste, il vous sera indispensable. Dans la ville sont disséminées six balises, il vous faudra connecter l’interrupteur que vous possédez à chacune de ces balises, et appuyer sur le bouton. A quoi ça sert ?
Jin’C prend encore une fois son air songeur.
- La pression sur l’interrupteur enverra une décharge électrique qui court-circuitera le minuteur de la balise. Si une balise n’est pas désactivée à temps, le mouchard implantée dans l’interrupteur s’activera, et vos poursuivants sauront où vous traquer, grâce à un GPS conçu spécialement, jusqu’à ce que la balise ne soit désactivée. C’est beau la technologie tout de même, tout est connecté. Rassurez-vous, eux, ne savent pas où se trouvent les balises. Vous aurez quatre heures pour désactiver la première balise, et ainsi de suite, si vous désactivez la balise avant les quatre heures, cela vous donnera plus de temps pour la suivante. Si vous parvenez, par un heureux hasard, à désactiver toutes les balises avant les 24 heures, vous devrez vous cacher et attendre la fin du jeu, qui se terminera exactement le jeudi 1er mai, à 22h00. Sachez pour l’heure que la première balise est programmée pour 02h00 précise. Les « chasseurs » resteront à leur position actuelle jusqu’à 00h00, où là, ils commenceront à pister votre trace. Mais attention, il ne faut en aucun cas entrer en contact avec eux, évitez-les à tout prix.
- Mais qui sont ces gens ? Combien sont-ils ? Dis-je les membres tremblants.
- Ne vous occupez pas d’eux, ils savent quel rôle ils ont à jouer, et vous, vous feriez bien de vous concentrer sur votre objectif. Commencez par vous préparer, prenez vos papiers, une lampe, sait-on jamais, car vous n’aurez pas l’occasion de retourner chez vous durant les 24 prochaines heures.
Je m’exécute. Je rampe vers la chambre, et commence à m’habiller, tandis que Jin’C continue son discours.
- L’équipe de la Première et moi-même seront à vos côtés durant tout le jeu, des caméras ayant été placées dans toute la ville, nous pourront suivre votre progression et vous aider, si cela est nécessaire. Je serai votre ami dans le jeu, ne l’oubliez pas.
- C’est pas vraiment le moment de plaisanter… Et les balises, comment je sais où elles se trouvent ?
- Calmez-vous… Nous avons mis à votre disposition une carte de la ville, avec les emplacements de chaque balise, qui se trouve… au-dessous de votre téléviseur.
- Quoi ? Je rêve…
Je m’assois sur le lit, et en essayant de cacher mes mains de potentielles caméras, j’ouvre le tiroir de ma table de chevet, prend mon canif, et le met dans une poche de ma veste, en espérant ne pas avoir à l’utiliser… Je me dirige alors vers ma commode, en face du lit, j’ouvre les tiroirs à la recherche d’une lampe de poche, et de mon portefeuille. Par chance, je les trouve tous les deux, je m’assure que la lampe fonctionne… C’est bon.
Je reviens dans le salon, en essayant d’esquiver le regard de la fenêtre, et me glisse vers le poste de télévision. Je soulève légèrement l’énorme boîte, et prend le morceau de papier qui se trouve dessous.
- J’en crois pas mes yeux… me dis-je à moi-même.
J’éteins l’œil parlant, mais je reste relié au plateau grâce à l’oreillette.
- Baptiste ! Il est l’heure, allez, trêve de bavardages et que la partie commence !
par SOSA
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24
L'ombre d'un reflet
Vous volez au-dessus de l’océan, très haut.
Vous volez vite, les nuages vous caressent, l’air glisse sur vous.
Il n’y a pas de terres, juste l’océan immense qui s’étend au-dessous.
Vous commencez à descendre, petit à petit.
Vous apercevez alors une ombre sur ce bleu infini, une irrégularité qui tache ce tableau.
Vous descendez toujours plus lentement, en vous rapprochant de ce point sombre. A mesure que vous approchez, le point grandit et devient plus concret à vos yeux.
Vous vous arrêtez en l’air, et examinez cette difformité qui occupe à présent tout votre esprit. Elle ne ressemble à rien de ce que vous connaissez. Vous prenez une bouffée d’air frais.
Vous vous approchez très lentement de cet étranger qui semble bouger sous votre menace. Il prend ses gardes, mais vous ne vous laissez pas faire, vous vous apprêtez à vous défendre et même à riposter. Sans aucun autre contact que cette distance, il est déjà votre ennemi, il faut le chasser d’ici.
A mesure que vous vous approchez de cette chose, elle grandit, se gonfle, jusqu’à presque atteindre votre taille. Plus que quelques mètres avant le contact…
Ca y est, vous distinguez enfin ce que c’est, ou du moins vous croyez, il vous semble l’avoir déjà vu quelque part, vaguement. Vous vous rapprochez encore pour discerner les détails et là, vous voyez…
Vous.
par SOSA
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Nouvelles
Le football : capitalisme et mondialisation
En ces temps de Coupe du Monde de football, il suffit de prendre un minimum de recul pour s'apercevoir de l'effet médiatique énorme généré par cet événement.
La Coupe du Monde est un événement sportif qui dure environ un mois, tous les quatre ans. Le football est le sport le plus populaire et donc le plus regardé au monde, à la télévision, devant les J.O (1,7 milliards de téléspectateurs pour la finale de 1998). Il est donc normal que cette vitrine médiatique attire les sponsors et les commerciaux. Ainsi, depuis plusieurs années, on assiste à un élan commercial sans précédent autour de cet événement. C'est un espace idéal pour les sponsors et autres marques. Ne retrouve-t-on pas MacDonald, Coca-Cola, Philips, Toshiba, aux abords des pelouses ? Les grandes firmes comptent évidemment sur le nationalisme poussé des consommateurs. Carrefour, SFR, tous partenaires de l'équipe de France de football. énorme coup marketing de la part des entreprises, qui misent gros sur ces "exclusivités". Les médias se sont eux aussi épris de ce sport. Quelle marque n'utilise pas le dernier footballeur à la mode pour vanter les mérites de son produit. Zidane partenaire de Canal Sat, et autres marques d'eau minérale, de sportwears ou de compagnie d'assurance. Idem pour Beckham, qu'on retrouve à la une des magazines peoples, ou Trezeguet, adepte des bienfaits apportés par MacDonald. La publicité se sert de ce phénomène pour, encore une fois, appâter les téléspectateurs. Ainsi, avant ou après un match, entre deux mi-temps, on a droit à un assomage publicitaire, dont les chaînes profitent amplement. Le prix des "places" pour les spots publicitaires s'envolent. D'un autre côté, les contrats de certains joueurs dépassent la raison, c'est un véritable marché et commerce autour de ce sport. Les clubs de foot sont, depuis quelques temps, et le deviennent de plus en plus, côtés en bourse. Peut-on encore parler de sport, ou simplement de business, d'industrie ?
par SOSA
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Un regard sur le monde
24 - (1)
Mercredi 30 avril - 17h00
Une journée de moins.
Ce travail me tue, tous ces chiffres, ces calculs… Ils me servent à rien à moi… à part à remplir mon assiette.
Enfin, n’y pensons plus, mon petit chez moi m’attend sagement, je vais enfin pouvoir me languir sans rien faire, sans rien penser. Quel pied.
Je pousse les portes de ce building qui m’accueille tous les jours, je suis sur le trottoir, et m’apprête à traverser la jungle urbaine. Déjà le bruit des véhicules motorisés viennent me déchirer les tympans. Les voitures font vrombir leur moteur dès qu’elles en ont l’occasion, les scooters klaxonnent et zigzaguent dans les files d‘embouteillages. Les intestins de la ville sont assurément constipés.
Aux intersections, des ouvriers sont encore affairés à on ne sait quels travaux. Les marteaux-piqueurs gueulent contre de pauvres trottoirs qui n’ont rien demandé, des pelleteuses creusent bêtement le sol, des murs entiers sont recouverts de maquillage granuleux, roses, beiges, jaunes, oranges, blancs. La poussière et les gaz d’échappement ont envahit les artères de cette cité. Je m’arme de tout mon courage, et je me lance.
Le chemin le plus rapide est de prendre à droite, puis, à la première intersection, je traverserai à gauche, je continuerai tout droit, environ une trentaine de mètres, jusqu’au prochain carrefour, où il me faudra à nouveau traverser la rue, et enfin, une dizaine de mètres par la gauche, l’arrêt de bus. Le parcours est tout tracé dans ma tête.
Je regarde ma montre, il est déjà 17h03, je n’ai pas une minute à perdre, le prochain bus passe dans quatre minutes à l’intersection de Saint-Martin et de la rue des Roses.
Mes jambes obéissent à ma pensée, elles avancent, et pas peu vite. Un flot d’inconnus se déverse dans ma direction, je les esquive, joue des épaules pour me frayer un chemin, il n’y a pas que moi qui est pressé de rentrer chez soi. Je me tortille, en essayant de me fixer un point derrière la masse de gens, un point à atteindre, je déploie mon cou pour regarder par-dessus l’obstacle, je ne me détache pas de cet objectif. Je suis à l’angle de la rue, il me faut à présent la traverser. Par chance, le feu passe au orange, puis au rouge, les voitures s’arrêtent, sauf quelques malins qui accélèrent à ce moment-là. J’emprunte les bandes blanches, et presse le pas. Une tache de gens est, ici aussi, ancrée sur ce nouveau trottoir.
Peu importe, j’avance. Je joue encore des coudes, et je me fixe à nouveau un point imaginaire à atteindre. Chaque rue est un nouveau défi, le trottoir est un champ de bataille. Un chantier se dresse au bout de la rue, un échafaudage de plusieurs étages. Il me faut le contourner. Sans ralentir mon allure, je dévie ma trajectoire et quitte le trottoir pour la route. Plusieurs voitures me signalent leur mécontentement. Ils ne doivent pas supporter que quelqu’un avance plus vite qu’eux.
Nouvelle intersection. Je profite des embouteillage, et de la circulation stagnante pour me faufiler entre les fauves métalliques. C’est la dernière ligne droite. Je vois le bus que je dois prendre avancer dans une file en face. L’arrêt est à quelques mètres, mes pas s’enchaînent.
J’atteins enfin l’angle de l’avenue Saint-Martin et de la rue des Roses. Une dizaine de personnes attendent, et tous regardent le monstre approcher. La grande bête s’approche et s’arrête devant moi. Il ouvre sa grande gueule, et je gravit les marches qui s’offrent à mes pieds. Je prend ma carte d’abonnement que je tire de ma poche, et l’insère dans une machine pourvue d’une fente. Celle-ci gobe la carte, et semble la mastiquer au son qui en sort, pour finalement me la recracher en émettant un bruit aigu. Je crois qu’elle est satisfaite. Je me tourne, et espère trouver un siège libre.
Futiles illusions, à cette heure-ci, j’aurai à peine droit à trouver quelques centimètres libres sur une barre pour m’accrocher. Je trouve cette place près de la porte de sortie, au fond. Enfin à l’arrêt, cette fois, ce sera le bus qui avancera pour moi, lui, au moins, à une voie spécialement conçue pour sa circulation.
Je colle mon front contre la vitre, et observe l’effervescence de ce zoo. C’est préférable des les voir derrière une vitre, plutôt que d’être dedans. Pleins d’informations affluent à mon cerveau, je ne peux les identifier clairement, mais c’est plaisant, ça bouge. Je vois un monde différent à travers cette vitre, différent de celui que je connais quand c’est moi qui est de l’autre côté. Sur des immeubles, il y a de grands panneaux publicitaires, qui vantent les mérites d’une boisson censée rendre plus jeune, ou d’un parfum censé rendre plus beau.
Et puis, il y a cette affiche, la mystérieuse. Depuis des semaines, une campagne nous afflige de cette publicité, qu’elle soit radiophonique, télévisuelle ou placardée sur des immeubles, elle nous indique une date, mercredi 30 avril, une heure, 21h00, et le nom de la première chaîne télé. Je crois que beaucoup de gens seront rivés sur la une ce soir, moi y compris.
par SOSA
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24